Spécialiste d’Eugène Delacroix, Virginie Cauchi-Fatiga s’est formée depuis de nombreuses années aux techniques de l’artiste, et en connaît parfaitement toutes les caractéristiques. Ses différents travaux consacrés à la figure emblématique du Romantisme lui ont permis d’acquérir une connaissance très pointue de l’œuvre du maître des Massacres de Scio.

Grand dessinateur, Delacroix a laissé derrière lui une œuvre graphique considérable, attestant de sa parfaite connaissance des règles classiques. Ses crayonnés, comme ses lavis, rythmant les pages de ses nombreux carnets, témoignent de son acuité et de sa dextérité à retranscrire ses pensées par le trait.

Son voyage au Maroc, épisode fondamental qui devait marquer de manière irréversible le reste de son œuvre, l’a contraint à développer sa technique de l’aquarelle. Ses carnets présents au Musée du Louvre comme au Musée Condé de Chantilly témoignent d’une aisance d’exécution et d’un souci du détail hors normes.

Ce coloriste qui le fut « jusque dans ses dessins », tel que l’affirmait Théophile Thoré, développa ses techniques et sa science du coloris non seulement dans ses toiles, mais aussi dans la réalisation de ses grands décors muraux (essentiellement des huiles sur toile marouflée), de manière tout-à-fait inédite.

Renouant avec la grande tradition des décorateurs italiens de la Renaissance, Delacroix su déjouer toutes les contraintes architecturales pour faire entrer la lumière et se jouer de l’ombre, comme à l’Assemblée Nationale, ou encore à la Bibliothèque du Sénat. Son œuvre testament, la Chapelle des Saints-Anges en l’église Saint-Sulpice à Paris, révèle tous les trésors de ce génie de la couleur.